Alors que le marché tablait sur une nouvelle baisse des rendements des fonds en euros en 2006, les résultats sont globalement stables. Mais les sociétés avancent en ordre dispersé et les revalorisations font le grand écart.

On leur promettait le pire, avec une dégringolade des performances, et il ne s’est pas produit. Pour 2006, avec un taux moyen de rendement d’environ 4,2 % (non pondéré), les fonds en euros créent la surprise puisque leurs performances sont globalement stables ou en très légère érosion par rapport à l’année passée. Et si quelques actifs en euros accusent encore une forte érosion de leurs revalorisations, d’autres inversent la tendance et affichent des taux supérieurs à ceux de 2005 (lire plus loin). Mais ceux-là partaient, en général, de plus bas.

Résultat : les écarts réels entre les intervenants du marché n’ont jamais été aussi importants (lire aussi l’interview de Michel Piermay ci-contre). Les fonds les moins performants n’ont en effet progressé que de 3 % (à la Macif ou chez Neuflize vie, pour des gestions très liquides), pendant qu’à l’autre extrémité le Conservateur a dégagé 5 % pour arriver premier sur le podium, pour la seconde année consécutive.

Les multisupports ont été mieux traités
Si les gestionnaires ont encore souffert l’an dernier de la baisse des taux des obligations à long terme, ils ont bénéficié de deux effets très positifs sur les marchés : l’aplatissement de la courbe des taux, qui a permis une meilleure rémunération des liquidités, et, surtout, la hausse de la Bourse (le Cac 40 a gagné 20 % avec les dividendes réinvestis) et, plus modestement, de l’immobilier. Cette bonne tenue des marchés a « dopé » le taux 2006, mais aussi donné l’opportunité de renforcer les réserves pour soutenir les rendements futurs. La plupart des sociétés affirment qu’elles ont renforcé leur provision pour participation aux excédents, ce qui est de bon augure.

Du coup, sans aller jusqu’à l’optimisme, les professionnels dessinent un futur moins sombre pour les fonds en euros. « Nous avons de bonnes perspectives qui nous permettent d’envisager de dépasser 4 % dans les prochaines années », confie ainsi Claude Fath, le président de l’Agipi. Car en plus des réserves, les sociétés profitent depuis la fin 2006 d’une remontée des taux obligataires (à plus de 4 %), qui freine la dilution des rendements des portefeuilles. « Il faudrait que les taux à dix ans remontent à 4,5 % pour équilibrer les rendements à leur niveau actuel », tempère cependant Claude Fath.

Reste un constat au regard de ces taux : les sociétés ont globalement moins bien traité les fonds en euros de leurs contrats monosupports que ceux de leurs multisupports. Un choix qui préfigure d’intenses campagnes de transformations « Fourgous » cette année, en particulier dans les banques.

Malgré tout, l’annonce de ces taux ne revêt plus le même caractère événementiel que par le passé : « Ce n’est plus avec le taux du fonds en euros que nous cherchons à satisfaire nos clients, mais avec l’ensemble de nos supports », explique ainsi Éric Le Baron, chez Swiss Life. De ce point de vue, 2006 aura été une très bonne année pour les investisseurs qui ont choisi les fonds en actions, même si les unités de compte des contrats ont eu en général bien du mal à battre les indices. l

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